La grande question du non !

Nous vivons un drôle de monde. L’image de nous-mêmes est tellement importante dans notre société que nous ne savons plus vraiment pourquoi nous disons et faisons les choses. Nous devons avoir une vie brillante, active, pétillante. Nos profils sur nos réseaux sociaux sont de vraies pages de publicité pour vendre notre image qui montre à qui le veut bien, une vie dynamique et très heureuse où tout est beau et brillant. Nous devons être heureux, c’est une obligation. Et nous devons surtout le faire croire à tout le monde.

Dire non, c’est perdre la face ?

Le droit à la déprime

Afin de garder la face, nous devons nous montrer le plus possible sous notre meilleur jour. Nous n’avons plus le droit à la déprime, à aller moins bien. Nous n’avons plus le droit à être fatigués.

La dictature de la performance.

Nous devons être performants au travail, performant à l’école, nous devons être bienveillants, mais aussi avoir du caractère. Nous devons aussi être performants au lit, avoir de l’humour, savoir prendre du recul. Nous devons à la fois être capables d’écraser l’autre pour lui montrer qui on est et en même temps être zen, bienveillant et compatissant.

Nous perdons notre liberté si nous ne savons plus dire non.

L’idée que j’essaye de vous partager ici est que nous perdons notre libre arbitre au profit d’une image que nous devons toujours montrer parfait et que nous adaptons en fonction des situations que nous rencontrons.

Je vais être d’une certaine manière avec certaines personnes dans certaines situations et de manière différente avec d’autres personnes et dans d’autres situations. Hormis le ridicule, notons aussi le côté épuisant de cette attitude qui ne trouvera jamais d’assouvissement pour être plutôt un asservissement. C’est un puits sans fin qui ne nous apportera jamais la paix et le bonheur.

Savoir dire oui à l’intérieur et non à l’extérieur.

Nous interrogeons l’extérieur au lieu d’interroger l’intérieur. Nous nous posons la question si ce que l’on fait est bien ou mal, bien vu ou mal vu, au lieu de nous demander si ce que nous faisons est ce que nous voulons. Vraiment sans réfléchir au gain éventuel que cela pourrait rapporter à notre personnage.

Nous choisissons nos actions en fonction de ce qu’elles peuvent nous rapporter en termes de notoriété, d’amour, de respect des autres au lieu de nous demander si ces actions sont en adéquations avec nous-mêmes et l’amour et le respect que nous nous portons.

Il ne s’agit pas vraiment d’apprendre à dire non.

Il s’agit de se demander si nos choix et nos s’actions s’accordent avec notre coeur ou pas. Nous devons cesser de croire que ce non nous enlèvera de la valeur vis-à-vis des autres.

C’est la peur qui en fait dirige nos choix au lieu du coeur, de nos réelles aspirations. C’est la peur de ne plus être aimé et la peur d’être déconnecté, abandonnée. Nous devons apprendre à faire taire notre mental, nos pensées ou tout du moins apprendre à ne plus les écouter et les prendre pour vraies pour qu’enfin nous puissions choisir notre vie sans crainte de ne plus être aimé. La perte de l’estime d’autrui n’a ses racines que dans l’histoire de la personne et pas dans ce que vous êtes vraiment. La valeur qu’une personne vous donne n’est donnée que par l’histoire et les névroses de cette personne. Et cette valeur n’aura d’importance à vos yeux que par la croyance que vous lui porterez. Ni plus, nu moins.

Alors, soyez libre de dire non.

Cela veut dire dire non pour une proposition qui irait nourrir l’appréciation d’autrui vis-à-vis de vous-même et qui serait à l’encontre de ce que vous voulez vraiment. Et dites tout simplement oui à la vie. À ses bons côtés, mais aussi à ses défauts. Car vous ne pourrez jamais échapper à l’apparente imperfection du monde qui vous entoure et de vous-même.

Dites oui à tout, au meilleur comme au pire. Faites-le vraiment. Expérimentez-le une journée. Même si vous n’y croyez pas, faites semblant, faites comme si. Dites oui à tout et voyez à la fin de la journée comment vous vous sentez.